Le cannabidiol (CBD) suscite un intérêt croissant dans la gestion des symptômes de la maladie de Parkinson. Voici les points essentiels :
- Symptômes moteurs : Les études montrent des résultats limités sur l'amélioration des tremblements, de la rigidité ou de la lenteur des mouvements. Seules des doses élevées (300 mg/jour) ont parfois montré des effets positifs.
- Symptômes non moteurs : Le CBD semble plus prometteur pour réduire l'anxiété, améliorer le sommeil et atténuer certains troubles cognitifs.
- Mécanismes d'action : Le CBD agit via le système endocannabinoïde et possède des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, offrant un potentiel de neuroprotection.
- Formes disponibles : Huiles sublinguales, gélules, et crèmes, adaptées selon les besoins des patients.
- Précautions : Nécessité de consulter un médecin pour éviter les interactions médicamenteuses, surtout avec des doses élevées.
En résumé, le CBD peut compléter les traitements classiques pour certains symptômes non moteurs, mais son efficacité sur les symptômes moteurs reste incertaine. Un suivi médical est indispensable pour garantir une utilisation sûre et adaptée.
CBD et Parkinson : Efficacité sur symptômes moteurs vs non-moteurs
Soutien SHS 2024 - Médicaments à base de cannabis : une étude qualitative
Résultats de recherche sur le CBD et la maladie de Parkinson
Les recherches suivantes, bien qu'elles présentent des résultats variés, explorent les effets du CBD en tant que soutien symptomatique à travers des dosages spécifiques.
Effets sur les symptômes moteurs
Les études cliniques sur l'impact du CBD sur les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson offrent des conclusions divergentes. Entre 2004 et 2022, plusieurs essais randomisés n'ont pas constaté d'amélioration notable des scores moteurs mesurés par l'échelle UPDRS. Par exemple, une étude menée auprès de 17 participants, recevant 1,25 mg de CBD combiné à 2,5 mg de THC, n'a montré aucun avantage par rapport au placebo. Une autre étude auprès de 21 patients, testant des doses de 75 mg ou 300 mg de CBD par jour, n'a également noté aucune modification des scores UPDRS.
Cependant, une étude récente, publiée en octobre 2025, a révélé des résultats plus encourageants. Menée par Wajid Rahim Awan à l'Université d'Agriculture de Peshawar, cette recherche a suivi 96 patients atteints de la maladie de Parkinson pendant 8 semaines. Le groupe recevant 300 mg de CBD par jour en complément de la lévodopa a présenté une réduction moyenne significative des scores UPDRS (51,2 ± 4,5 contre 36,4 ± 3,2 pour le groupe recevant uniquement la lévodopa). Les améliorations concernaient principalement les tremblements, la rigidité et la bradykinésie [6].
« Le groupe CBD a démontré une amélioration significativement plus importante des scores UPDRS totaux (réduction moyenne : 51,2 ± 4,5) comparé au groupe sous lévodopa seule (36,4 ± 3,2). »
- Wajid Rahim Awan, Département de Chimie Agricole et Biochimie [6]
En revanche, l'essai CBD-PD-BRH, réalisé en juin 2025 à l'hôpital de Buriram par Witoon Mitarnun auprès de 60 patients, a conclu que 26 mg de CBD sublingual par jour n'avaient aucun effet notable sur les symptômes moteurs après 12 semaines [3]. Ces résultats suggèrent que seuls des dosages élevés (300 mg ou plus) pourraient produire des bénéfices mesurables sur les symptômes moteurs. Ces observations mettent en lumière l’intérêt potentiel du CBD sur les symptômes non moteurs.
Effets sur les symptômes non moteurs
Les recherches sur les symptômes non moteurs offrent des perspectives plus positives. En janvier 2020, un essai clinique brésilien auprès de 24 patients atteints de Parkinson a examiné les effets d'une dose unique de 300 mg de CBD administrée 90 minutes avant un test de prise de parole en public simulé. Les résultats ont montré une réduction significative de l'anxiété et des tremblements par rapport au placebo [8]. Cette découverte est particulièrement pertinente, puisque 67 % des patients parkinsoniens souffrent d'anxiété.
« Il s'agit de la première étude qui montre les effets anxiolytiques du CBD chez les patients atteints de la maladie de Parkinson et sa capacité à atténuer l'amplitude des tremblements dans des situations anxiogènes. »
- Chercheurs, Journal of Psychopharmacology [8]
Concernant les troubles du sommeil, qui touchent jusqu'à 80 % des patients [2], une série de cas publiée en février 2025 par l'Universidade Federal da Integração Latino-Americana a analysé six patients atteints de Parkinson modéré. Un extrait de cannabis au ratio 9:1 THC:CBD, administré à une dose de 1 000:112 μg par jour, a significativement amélioré l'insomnie après 60 jours de traitement [2].
Sur le plan cognitif, l'essai CBD-PD-BRH de 12 semaines a montré que le CBD sublingual améliorait les scores de dénomination au test MoCA (Montreal Cognitive Assessment), bien qu'aucun effet n'ait été noté sur le rappel différé [3]. Ces résultats sont particulièrement intéressants pour les 24 % à 54 % de patients récemment diagnostiqués présentant des troubles cognitifs [2]. Ces bénéfices sur l'anxiété, le sommeil et la cognition contribuent directement à améliorer la qualité de vie des patients.
Effets neuroprotecteurs et anti-inflammatoires
Les recherches précliniques sur des modèles animaux indiquent que le CBD pourrait protéger les neurones dopaminergiques grâce à ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Par exemple, une étude a démontré qu'un traitement quotidien de 3 mg/kg de CBD pendant deux semaines préservait la dopamine et la tyrosine hydroxylase dans le striatum de rats [1]. En outre, le CBD activerait les récepteurs CB2, impliqués dans des réponses anti-inflammatoires des cellules gliales, et stimulerait le récepteur PPARG, réduisant ainsi la neuroinflammation [3].
« Les propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes du CBD peuvent expliquer la plupart de ses effets neuroprotecteurs. »
- El Ghachi Hafida et al. [1]
Cependant, la transposition de ces résultats aux humains reste complexe. L'essai CBD-PD-BRH n'a observé aucune différence significative dans les marqueurs inflammatoires systémiques entre les groupes recevant le CBD et le placebo après 12 semaines [3]. De plus, une étude rétrospective portant sur 152 patients utilisant du cannabis médical (ratio 10/4 THC/CBD) pendant 1 à 3 ans n'a montré aucune accélération de la progression de la maladie selon l'échelle Hoehn et Yahr, ce qui suggère une sécurité à long terme [9]. Bien que le CBD puisse offrir des bénéfices symptomatiques, son rôle en tant que traitement modifiant la progression de la maladie reste à confirmer chez l’humain. Ces données ouvrent néanmoins la voie à une exploration plus approfondie de son utilisation dans la prise en charge globale de la maladie de Parkinson.
CBD et qualité de vie chez les patients parkinsoniens
En plus des effets symptomatiques déjà évoqués, le CBD semble également avoir un impact positif sur la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.
Témoignages de patients et études observationnelles
De nombreuses enquêtes montrent que les patients atteints de Parkinson se tournent de plus en plus vers le CBD pour gérer des symptômes que les traitements classiques ne parviennent pas toujours à soulager. Une enquête américaine de 2020, menée auprès de 1 064 participants, a révélé que 25 % utilisaient du cannabis, avec 45,5 % d’entre eux rapportant une diminution de l’anxiété et 44 % constatant une amélioration de leur sommeil [5]. En Allemagne, une enquête nationale réalisée en 2021 a montré que 28,1 % des utilisateurs ressentaient une amélioration de leur dépression, tandis que 27,1 % notaient un meilleur sommeil [5].
À Prague, une autre étude a révélé que 25 % des patients parkinsoniens avaient essayé le cannabis. Parmi eux, 44,7 % ont signalé une amélioration de la bradykinésie, 37,7 % ont noté une réduction de la rigidité musculaire, et 30 % ont observé une diminution des tremblements [5]. Toutefois, 12,6 % des participants ont rapporté des effets secondaires, comme de l’anxiété ou des étourdissements [5]. Ces chiffres montrent que de nombreux patients expérimentent le CBD sans supervision médicale stricte, soulevant des questions sur les interactions médicamenteuses et la qualité des produits consommés. Ces observations ouvrent également des perspectives pour mieux comprendre les effets émotionnels et cognitifs du CBD.
Effets sur le bien-être émotionnel et cognitif
Des données récentes mettent en lumière les effets positifs du CBD sur la santé mentale et émotionnelle des patients. Entre février et juillet 2023, l’hôpital de Buriram a conduit un essai randomisé en double aveugle impliquant 51 patients suivis sur une période de 12 semaines. Les participants recevant 26 mg de CBD sublingual par jour (contenant également 1,2 mg de THC) ont montré une amélioration notable de leurs scores de dénomination dans le test MoCA, avec une différence moyenne de 0,37 (IC à 95 % : 0,01 à 0,73) par rapport au groupe placebo [3].
« Le groupe CBD a montré une amélioration des scores de dénomination au MoCA par rapport au placebo. »
- Witoon Mitarnun, chercheur principal, Hôpital de Buriram [3]
En février 2025, une étude de cas menée par l’Universidade Federal da Integração Latino-Americana a suivi six patients atteints de Parkinson modéré sur une période de 90 jours. Un extrait de cannabis à faible dose (1 000:112 μg/jour en THC:CBD) a permis une amélioration significative de l’insomnie, mesurée par l’Indice de Sévérité de l’Insomnie, après 60 jours de traitement (p=0,03) [2]. Un patient souffrant de dépression et de troubles du sommeil a même rapporté une amélioration marquée de sa qualité de vie globale.
Ces résultats sont intéressants, car le CBD agit comme un agoniste des récepteurs 5-HT1A, liés à la sérotonine, ce qui pourrait expliquer ses effets anxiolytiques et antidépresseurs [11]. Pour les patients atteints d’insomnie - un problème qui touche jusqu’à 80 % des personnes atteintes de Parkinson [2] - un traitement d’au moins 60 jours semble nécessaire pour observer des résultats significatifs.
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Comment utiliser le CBD pour la maladie de Parkinson
Types de produits CBD : huiles, gélules et autres formes
Le CBD se décline en plusieurs formats, chacun ayant des spécificités qui peuvent répondre aux besoins des patients atteints de la maladie de Parkinson. Les huiles et teintures sublinguales sont souvent privilégiées pour leur absorption rapide lorsqu'elles sont placées sous la langue. Elles conviennent particulièrement aux personnes ayant des difficultés à avaler. Cependant, pour les patients souffrant de tremblements importants, mesurer une dose exacte peut poser problème.
Les gélules et comprimés, quant à eux, offrent une solution pratique pour un dosage précis. Ils sont idéaux pour éviter la manipulation de liquides, mais leur effet peut prendre plus de temps à se manifester. De plus, certains patients peuvent rencontrer des difficultés à avaler ces capsules. Enfin, les crèmes et lotions topiques sont appliquées directement sur la peau pour soulager des douleurs ou raideurs localisées. Leur action est toutefois limitée à la zone d'application et peut nécessiter plusieurs heures pour être ressentie.
Ces différentes formes influencent également les recommandations en matière de dosage.
Recommandations de dosage
Le dosage du CBD varie en fonction des besoins individuels et des objectifs cliniques. Les essais cliniques ont exploré une large gamme de dosages, allant généralement de 75 mg à 300 mg par jour pour une administration orale [12]. Pourtant, des doses plus faibles peuvent également suffire. Par exemple, entre février et juillet 2023, un essai contrôlé mené par l'hôpital de Buriram sur 51 patients atteints de Parkinson a montré que 26 mg de CBD par jour, administrés sous forme sublinguale, étaient sûrs et apportaient des améliorations cognitives, sans effets négatifs sur les symptômes moteurs ou l'humeur [3].
Il est recommandé de commencer par une faible dose et de l'augmenter progressivement. Comme le souligne le Dr Maureen Leehey, professeure de neurologie à l'Université du Colorado :
« Je ne veux pas que les patients dépensent de l'argent pour du CBD si cela ne les aide pas avec leurs symptômes, mais si cela peut aider, nous voulons être en mesure de le doser correctement. » - Dr Maureen Leehey [13]
Il est également important de noter que les doses élevées de CBD nécessitent une surveillance de la fonction hépatique [3][13].
Travailler avec les professionnels de santé
Un dosage efficace et sûr nécessite une collaboration étroite avec un professionnel de santé. Avant de commencer un traitement au CBD, il est indispensable de consulter un neurologue ou un spécialiste des troubles du mouvement. Le CBD peut interagir avec plusieurs enzymes du cytochrome P450, qui jouent un rôle clé dans le métabolisme de nombreux médicaments courants [1]. Par exemple, des études ont signalé une augmentation des concentrations plasmatiques de médicaments tels que la warfarine et le tacrolimus, ce qui peut entraîner des risques accrus de saignement ou de toxicité. Par ailleurs, lorsque le CBD est combiné avec le clobazam, les niveaux de son métabolite actif peuvent augmenter de 300 % [1][5].
Parkinson's UK met également en garde :
« Les produits CBD sont légaux à l'achat au Royaume-Uni en tant que suppléments et contiennent de très faibles niveaux de THC. Cependant, si vous envisagez d'utiliser des produits CBD, nous recommandons de parler à un professionnel de santé. » - Parkinson's UK [7]
Cette vigilance est particulièrement cruciale pour les patients atteints de Parkinson, qui sont souvent âgés et prennent plusieurs médicaments en même temps.
Conclusion : le rôle du CBD dans la gestion des symptômes de Parkinson
Les recherches cliniques indiquent que le CBD n’a pas d’impact significatif sur les symptômes moteurs, mesurés par l’échelle UPDRS [1][4][3]. Cependant, ses effets sur les symptômes non moteurs, comme l’anxiété, l’insomnie ou les troubles psychotiques, semblent plus encourageants [1][4][8].
« Bien que le CBD montre un certain potentiel pour améliorer la qualité de vie et réduire l'anxiété, ses effets sur les symptômes moteurs et cognitifs restent non concluants. »
- Daniel Antunes Pereira, chercheur à l'Universidade Iguaçu [4]
Grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, le CBD pourrait contribuer à ralentir la dégénérescence des neurones dopaminergiques. Toutefois, ces hypothèses nécessitent encore des validations cliniques [1][2]. Sur le plan de la tolérance, le CBD est généralement bien accepté, avec moins d’effets secondaires que les traitements antiparkinsoniens classiques. Néanmoins, des interactions médicamenteuses via le système enzymatique CYP450 peuvent survenir [1][10].
Il est essentiel de consulter un neurologue ou un spécialiste des troubles du mouvement avant d’intégrer le CBD dans un traitement. Cette démarche permet de prévenir les interactions avec d’autres médicaments et de surveiller les éventuels effets indésirables, notamment sur le foie à fortes doses. Une introduction progressive, avec des doses faibles et une surveillance régulière, reste la méthode la plus prudente pour évaluer les bénéfices potentiels du CBD sur les symptômes non moteurs. Ces recommandations soulignent l’importance d’un suivi médical personnalisé pour intégrer le CBD dans la prise en charge de la maladie de Parkinson.
FAQs
Le CBD peut-il être utilisé avec les traitements classiques de la maladie de Parkinson ?
Le cannabidiol (CBD) est généralement bien supporté lorsqu'il est utilisé en complément des traitements classiques de la maladie de Parkinson, comme la lévodopa ou les agonistes dopaminergiques. Les recherches indiquent qu'une consommation quotidienne modérée de CBD n'aggrave pas les symptômes moteurs et pourrait même apporter des bénéfices sur certains aspects de la qualité de vie. Parmi ces avantages, on note une réduction de la douleur, une diminution de la rigidité musculaire et une amélioration des troubles du sommeil.
Cela dit, le CBD peut interagir avec certains médicaments, en particulier en raison de son métabolisme via les enzymes du cytochrome P450, également impliquées dans le traitement de la maladie de Parkinson. Ces interactions potentielles rendent indispensable un suivi médical rigoureux pour prévenir tout effet indésirable.
Pour intégrer le CBD de manière sécurisée, il est recommandé de commencer par de faibles doses, sous forme d'huile ou de capsules, et de consulter un neurologue ou un pharmacien. Cette approche permet de profiter des effets anxiolytiques, anti-inflammatoires et neuroprotecteurs du CBD tout en préservant l'efficacité des traitements conventionnels.
Le CBD peut-il aider à gérer les symptômes de la maladie de Parkinson ?
Le cannabidiol (CBD) attire de plus en plus l'attention pour son potentiel à atténuer certains symptômes associés à la maladie de Parkinson, comme l'anxiété, les troubles du sommeil ou encore les douleurs. Cependant, à ce jour, les recherches ne permettent pas d'affirmer que le CBD peut ralentir l'évolution de la maladie.
Des études menées en laboratoire suggèrent que le CBD pourrait avoir un effet bénéfique en réduisant le stress oxydatif et l'inflammation neuronale, deux mécanismes impliqués dans la dégénérescence des neurones dopaminergiques. Malgré cela, les essais cliniques disponibles n'ont montré qu'un impact limité sur les symptômes moteurs. Néanmoins, certains patients rapportent une amélioration de leur bien-être général et de leur qualité de vie grâce à son utilisation.
En pratique, le CBD peut être envisagé comme un complément pour soulager certains symptômes non moteurs. Les doses recommandées se situent généralement entre 10 et 30 mg par jour, administrées sous forme d'huile ou de capsules. Il reste indispensable de consulter un professionnel de santé avant de commencer un traitement, afin d'ajuster le dosage et d'éviter d'éventuelles interactions avec d'autres médicaments.
Quels sont les effets secondaires possibles du CBD lorsqu’il est consommé à fortes doses ?
À des doses élevées, le CBD peut entraîner quelques effets secondaires, bien que ceux-ci restent peu fréquents et généralement légers. Parmi les réactions rapportées, on retrouve des vertiges, des troubles de la mémoire, des problèmes d’équilibre, ainsi que des difficultés à se concentrer.
Avant d’envisager l’utilisation de CBD, surtout à des doses importantes, il est crucial de consulter un professionnel de santé. Cela permet d’évaluer les éventuels risques et de s’assurer que son usage correspond à vos besoins spécifiques.